Route 66 à moto : où part vraiment l’argent en quinze jours

Route 66 à moto : où part vraiment l'argent en quinze jours

Au moment de réserver, le budget d’un road trip aux États-Unis tient souvent sur deux lignes : le vol et la moto. Sur quinze jours de Route 66, ce sont pourtant les dépenses du quotidien, le plein dans le désert, le petit déjeuner au diner, le pourboire, l’entrée d’un parc, qui décident si le voyage reste dans l’enveloppe prévue. On ne peut pas les chiffrer au dollar près à l’avance. On peut en revanche savoir lesquelles pèseront le plus, et sur lesquelles on garde la main.

Ce qui se paie avant le départ, et ce qui se paie sur place

Que l’on parte seul ou en formule organisée, le voyage se découpe en deux blocs. Le premier regroupe les gros postes, réglés avant de partir : transport aérien, location de la moto, hébergement et, le cas échéant, encadrement. Le second rassemble tout ce qui se règle au jour le jour, en dollars, le plus souvent par carte.

Les forfaits organisés portent en général sur le premier bloc. L’Éternelle Route 66 de Wild Travelers, proposée à partir de 4 043 €, en donne une bonne illustration : le prix comprend les vols aller-retour depuis Paris-Charles-de-Gaulle avec escale, une Harley-Davidson en kilométrage illimité, les hôtels deux ou trois étoiles, un guide francophone de Los Angeles à Chicago, le transport des bagages, l’assistance technique, un tracé GPS et une assurance dommages sans franchise, dans les conditions du loueur. La liste de ce qui reste à la charge du voyageur est tout aussi nette, et c’est elle qui mérite votre attention :

  • les repas ;
  • l’essence ;
  • les entrées des sites et des musées ;
  • l’autorisation de voyage ESTA, à 40 dollars ;
  • l’assurance SLI, en option ;
  • une éventuelle assurance voyage complémentaire.

Le plein ne coûte pas le même prix d’un État à l’autre

Pour estimer le carburant, partez de la distance plutôt que d’un forfait journalier : environ 3 700 kilomètres, à diviser par l’autonomie réelle de la moto louée pour obtenir un nombre de pleins. La consommation dépend du modèle, de la charge et de la présence d’un passager, d’où l’intérêt de se renseigner sur la machine attribuée.

Le prix au gallon, lui, varie nettement selon les États, chacun fixant ses propres taxes sur le carburant. La Californie compte en général parmi les plus chers du pays, quand le Texas et l’Oklahoma figurent souvent parmi les moins chers. Comme le voyage commence en Californie, les premiers pleins donnent une image trompeuse de la suite. Retenez aussi la conversion : un gallon américain équivaut à environ 3,8 litres.

Deux détails pratiques comptent plus qu’on ne le pense. Dans le désert de Mojave, les stations sont espacées, et les plus isolées pratiquent des prix plus élevés : mieux vaut faire le plein à Barstow que de devoir s’arrêter, réservoir presque vide, à la seule pompe d’un hameau isolé. Par ailleurs, beaucoup de pompes demandent un code postal américain pour valider la carte ; avec une carte européenne, il faut alors passer à la caisse, indiquer le numéro de la pompe et un montant, puis repasser après le plein pour faire ajuster le paiement.

Les repas, poste le plus élastique du voyage

Deux semaines sur place représentent une quarantaine de repas par personne si l’on compte les petits déjeuners. C’est le poste sur lequel vos choix pèsent le plus, dans un sens comme dans l’autre.

Deux mécanismes faussent la lecture des prix affichés. La taxe de vente n’est pas comprise dans le prix de la carte : elle s’ajoute à l’addition, à un taux qui dépend de l’État et parfois de la ville. Le pourboire, ensuite, fait partie de l’usage dans la restauration avec service à table, et se calcule en pourcentage de la note. Un repas dans un diner revient donc sensiblement plus cher que le chiffre lu sur la carte.

Les arbitrages se font repas par repas. Le petit déjeuner du motel, quand il existe, ou celui d’une supérette, coûte peu. Le déjeuner peut se réduire à un pique-nique acheté le matin, ce qui évite aussi de dépendre des horaires d’un café isolé. Le dîner reste le vrai repas de la journée, l’occasion d’un steakhouse au Texas ou d’une cuisine aux piments au Nouveau-Mexique. Se limiter à un seul repas au restaurant par jour modifie le total bien plus que n’importe quelle économie de bout de chandelle.

Les petites lignes qui finissent par compter

Les entrées paraissent anecdotiques, mais elles s’accumulent sur un itinéraire aussi dense. Meteor Crater, en Arizona, est un site privé à l’entrée payante ; le parc national de Petrified Forest perçoit ses propres droits d’entrée ; le musée présidentiel consacré à Lincoln à Springfield, dans l’Illinois, ou la montée au sommet du Gateway Arch, à Saint-Louis, sont eux aussi payants. Mieux vaut choisir à l’avance les visites qui vous tiennent à cœur que de tout payer au fil de la route.

Côté assurances, l’option SLI relève le plafond de responsabilité civile envers les tiers, souvent modeste dans les contrats de location américains ; sur un trajet de cette ampleur, c’est rarement la ligne à rayer. Pour l’assurance voyage complémentaire, vérifiez d’abord ce que couvre déjà votre carte bancaire, conditions en main : certaines cartes haut de gamme incluent une assistance, voire une garantie annulation, souvent à condition d’avoir réglé le voyage avec elles. Regardez aussi les frais appliqués par votre banque à chaque paiement en devises, qui deviennent un poste à part entière sur des dizaines de petites transactions.

Avant le départ, fixez une enveloppe quotidienne unique pour l’essence, les repas et les visites, puis notez chaque soir l’écart. Une dérive se repère en trois ou quatre jours, à un moment où il reste une dizaine d’étapes pour la rattraper.